Guide des langues

Interprétation simultanée : comment l’organiser pour un événement

Interprétation simultanée d’un événement : cabines, interprètes, casques et documents à préparer pour que chacun suive dans sa langue.

Guide Moon SuisseMis à jour le 19 octobre 20268 min de lecture

Salle de plénière du jubilé des 50 ans de Protectas pendant une intervention

En interprétation simultanée, des interprètes installés en cabine insonorisée traduisent les intervenants en temps réel, et chaque participant écoute la langue de son choix au casque. Pour l’organiser, on fixe d’abord les langues et le public, puis on réserve une équipe d’au moins deux interprètes par cabine, le matériel relié à la sonorisation et les documents de préparation. Ce dispositif se monte avec la régie technique de l’événement, qui relie la scène, les cabines et les casques.

Simultanée, consécutive ou chuchotage : quel mode d’interprétation choisir ?

Le mode se choisit selon la taille de votre public, le type de prise de parole et le temps disponible dans le programme.

Il existe plusieurs façons d’interpréter un discours, et la simultanée, souvent appelée traduction simultanée, n’est que l’une d’elles. Les définitions suivantes reprennent celles de l’association des interprètes de conférence en Suisse (AIIC) et de l’Office des Nations Unies à Genève.

ModeComment il fonctionnePour quel événement
Simultanée en cabineLes interprètes traduisent en continu depuis une cabine insonorisée, le public écoute au casquePlénière, conférence, assemblée générale, congrès
ConsécutiveL’orateur et l’interprète parlent à tour de rôle, l’interprète prend des notesAllocution officielle, négociation ; elle demande deux fois plus de temps
ChuchotageL’interprète traduit à voix basse, sans cabineDeux participants au maximum
Système portatifL’interprète parle dans un micro sans fil, sans cabine, le groupe écoute avec des récepteursVisite de site, petit groupe en déplacement
À distanceLes interprètes travaillent depuis un studio, reliés à la régieÉvénement hybride ou en ligne

Sources : AIIC Suisse, foire aux questions ; Office des Nations Unies à Genève, services d’interprétation ; guides publiés par des prestataires d’interprétation.

Pour une plénière d’entreprise, la simultanée est le mode le plus courant, selon l’AIIC : elle ne rallonge pas le programme et chacun suit en direct. La consécutive convient mieux à un discours court et solennel, quand le temps compte moins que la présence de l’interprète aux côtés de l’orateur.

Quelles langues prévoir, et pour combien de participants dans chacune ?

Tout part de deux listes : les langues dans lesquelles vos intervenants vont s’exprimer, et celles que votre public comprend.

Plénière bilingue du jubilé des 50 ans de Protectas à Berne, produite par Moon Suisse 01

Les langues en présence

FR, DE, IT, ENselon les régions linguistiques réunies

En Suisse, une plénière qui réunit des équipes de plusieurs régions linguistiques peut combiner le français, l’allemand, l’italien ou l’anglais.

02

La langue d’écoute de chacun

Une questiondans le formulaire d’inscription

Ce chiffre fixe le nombre de récepteurs par canal, de cabines et d’interprètes. Il sert aussi à la signalétique et aux supports projetés, qui peuvent être affichés dans les deux langues.

03

Des interprètes choisis selon la langue d’arrivée

Vers leur langue principalesauf exceptions, aux Nations Unies

C’est la règle que précise le département de la gestion des conférences des Nations Unies : pour un public germanophone, on cherche un interprète dont l’allemand est la langue principale.

04

L’interprétation relais

Via une autre languequand il n’existe pas d’interprète direct

Une cabine peut alors passer par une autre langue pour traduire.

Combien d’interprètes faut-il, et comment se relaient-ils en cabine ?

L’interprétation simultanée demande une concentration intense. C’est pourquoi les interprètes ne travaillent jamais seuls en cabine : ils se relaient à intervalles réguliers et s’aident pendant leurs temps de repos, en notant les noms propres et les chiffres.

ConfigurationÉquipe à prévoir
Une cabine en simultanéeAu moins deux interprètes, qui se relaient toutes les 20 à 30 minutes
Une conférence avec une seule séance interprétéeDeux à trois interprètes par langue ou par combinaison de langues
Des ateliers en parallèleUne équipe par atelier interprété : le nombre d’interprètes se multiplie
Une consécutiveUn temps de parole à doubler dans le programme

Repères publiés par l’AIIC Suisse dans sa foire aux questions.

Les honoraires se calculent en général à la journée et couvrent la préparation. Le coût d’un interprète de conférence en Suisse est détaillé dans le guide sur le prix d’une conférence, avec les autres postes de la journée.

Cabines, pupitres, récepteurs et casques : l’équipement d’une interprétation simultanée

L’équipement relie trois points : la scène, où l’intervenant parle au micro, la cabine, où l’interprète l’écoute et traduit, et la salle, où chacun choisit son canal. Il s’installe et se teste avec la sonorisation.

Plénière et grand écran, éclairage bleu, agence événementielle Moon 01

Les micros de la scène

Chaque voix au microintervenants, animateur et questions de la salle

L’interprète n’entend que ce qui passe par la sonorisation. Une question posée sans micro, ou un intervenant qui s’éloigne du pupitre, n’est pas traduit.

02

La cabine

ISO 17651partie 1 pour les cabines fixes, partie 2 pour les mobiles

Insonorisée, ventilée, éclairée, placée près de la scène et reliée à la sonorisation.

03

Le pupitre

1 par interprètemicro-casque et commandes

Il permet de choisir le canal de sortie et, si besoin, d’écouter une autre cabine en relais.

Salle de conférence installée en théâtre face à la scène 04

Les récepteurs et les casques du public

Un par auditeurinfrarouge, UHF ou Wi-Fi selon la salle

Chaque participant règle son récepteur sur le canal de sa langue. Leur nombre suit les inscriptions, avec une marge pour les retardataires, et leur distribution se prévoit à l’accueil.

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La salle elle-même

Cabines fixes ou nonà vérifier lors du repérage

De nombreux hôtels et centres de congrès en Suisse disposent de cabines fixes. Sinon, des cabines mobiles se montent dans la salle : il faut alors l’espace près de la scène et le temps de montage.

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Le technicien

Pendant toute la séanceen lien avec la régie son

Il installe, teste chaque canal avec les interprètes, surveille les récepteurs et règle les problèmes de son en direct.

Les normes citées sont celles que liste l’AIIC Suisse. Le choix d’un lieu déjà équipé se fait avec les critères du guide pour choisir une salle de conférence.

Comment préparer les intervenants et les interprètes avant l’événement ?

Un interprète bien préparé traduit mieux un exposé technique, un nom de produit ou un chiffre. La préparation commence bien avant le jour J et concerne autant les intervenants que l’équipe en cabine.

Intervenante qui prend la parole sur scène pendant une conférence d'entreprise 01 Des supports transmis à l’avance

Présentations, documents de fond et scripts permettent aux interprètes de saisir le sujet et l’intention de chaque orateur.

02 Un glossaire de l’entreprise

Noms de produits, sigles internes, titres des intervenants : les interprètes préparent un glossaire, que l’entreprise complète.

03120 Des vidéos avec leur texte

Pour un message vidéo, l’Office des Nations Unies à Genève demande le texte à l’avance et un débit de 120 mots par minute au plus.

04 Des intervenants briefés

Parler au micro, ne pas lire trop vite, annoncer les chiffres clairement : quelques consignes suffisent à faciliter la traduction.

05 Un conducteur partagé

Les interprètes reçoivent le déroulé minuté, l’ordre des intervenants et la langue de chaque prise de parole.

06 La confidentialité

Le code d’éthique de l’AIIC impose aux interprètes le secret professionnel le plus strict, documents compris.

Le déroulé partagé avec les cabines est le même que celui de la régie : le guide du conducteur d’événement montre comment le construire.

Deux langues sur une même scène : la plénière bilingue du jubilé Protectas

Une plénière bilingue ne repose pas seulement sur les interprètes. Pour les 50 ans de Protectas, elle associait quatre intervenants, un maître de cérémonie bilingue et une interprétation français-allemand.

Sur le terrain 229

collaborateurs de toute la Suisse, en français et en allemand, réunis le 11 juin 2026 au Gurten Park, à Berne.

Collaborateurs en plénière lors du jubilé des 50 ans de Protectas, événement d'entreprise produit par Moon SuisseLa plénièreQuatre intervenants, interprétation français-allemand
Discours sur scène pour le jubilé des 50 ans de Protectas, régie Moon SuisseLa scènePrises de parole et logos 3D
Collaborateurs dans les jardins du Gurten pendant le jubilé des 50 ans de ProtectasL’arrivéeFuniculaire, check-in par QR code, café
Musée d'entreprise conçu par Moon Suisse pour les 50 ans de ProtectasLe musée des 50 ansDémontable, réinstallé ensuite à Zurich
Dirigeants de Protectas au buffet du jubilé des 50 ans organisé par Moon SuisseAprès la plénièreDéjeuner, après-midi libre, cocktail dînatoire
Le maître de cérémonie

Bilingue, pour faire le lien entre les deux langues.

Le maître de cérémonie bilingue fait le lien entre les deux langues sur scène, et l’interprétation donne accès aux interventions dans l’autre langue. Ce même dispositif se reprend pour une conférence bilingue ou pour la plénière d’un séminaire d’entreprise.

L’interprétation à distance ouvre les langues au public d’un événement hybride

Quand une partie du public suit en ligne, chaque langue devient un canal du direct, que le participant choisit dans le lecteur. Les interprètes peuvent alors travailler dans la salle, en cabine, ou depuis un studio relié à la régie.

01

Sans cabine dans la salle

Ni montageni déplacement des interprètes

Les interprètes à distance ouvrent l’accès à des langues plus rares.

L'équipe Moon en coulisses pendant un événement d'entreprise 02

Une connexion stable

Câbléede préférence, pour la régie comme pour les interprètes

Les intervenants, eux, sont équipés d’un vrai micro.

03

Une plateforme adaptée

ISO 24019norme citée par l’AIIC Suisse

L’AIIC Suisse la cite pour les plateformes d’interprétation simultanée.

04

Un replay complet

Chaque canalenregistré avec la captation

Les langues restent disponibles après l’événement.

L’organisation d’un direct pour deux publics est détaillée dans le guide de l’événement hybride.

De la liste des langues au filage, l’interprétation se planifie en trois temps

Réservez vos interprètes de conférence tôt, puis déroulez trois étapes jusqu’au jour J.

Un guide publié en France en 2026 compte trois à quatre semaines pour les langues courantes, et six à huit semaines pour une langue rare ou au printemps et à l’automne, périodes chargées.

1 Cadrer les langues

Langue de chaque intervenant, langues du public, mode d’interprétation et salle avec ou sans cabines.

2 Réserver et préparer

Équipe d’interprètes, cabines, récepteurs, puis envoi des supports, du glossaire et du conducteur.

3 Tester et piloter

Test de chaque canal au filage, distribution des récepteurs à l’accueil, puis suivi en régie pendant toute la séance.

Si la plénière est filmée, les canaux de langue s’ajoutent à la captation : les repères de tournage et de montage figurent dans le guide sur les tarifs d’une captation vidéo.

Moon prépare les langues avec le reste de la production et de la régie de l’événement, et les cabines, récepteurs et micros se calent avec notre régie son, vidéo et interprétation dès la visite du lieu.

Avant de réserver, les réponses.

Vos questions sur l’interprétation simultanée d’un événement

Budget, délais, cabines, petits groupes et confidentialité : de quoi préparer vos langues.

Le budget réunit les honoraires des interprètes, calculés à la journée et préparation comprise, et l’équipement : cabines, pupitres, récepteurs et technicien. Le nombre de langues et la durée de la séance le font varier. Les repères chiffrés figurent dans le guide sur le budget d’une conférence.

Un guide publié en 2026 compte trois à quatre semaines pour les langues courantes, et six à huit semaines pour une langue rare ou au printemps et à l’automne. Plus le sujet est technique, plus il vaut la peine de réserver tôt, pour laisser le temps de la préparation.

Non. De nombreux hôtels et centres de congrès en Suisse en ont, mais des cabines mobiles, conformes à la norme ISO 17651-2, se montent dans une salle qui n’en a pas. Il faut alors prévoir leur emplacement près de la scène et le temps de montage.

Oui. Le chuchotage convient à deux participants au maximum, sans équipement. Pour une visite de site ou un petit groupe en déplacement, un système portatif, micro sans fil et récepteurs, remplace la cabine.

Oui. Le code d’éthique de l’AIIC impose aux interprètes de conférence le secret professionnel le plus strict, sur ce qu’ils entendent comme sur les documents reçus. Les supports internes peuvent donc leur être transmis pour la préparation.

Une plénière en deux langues ? On installe cabines et casques.

Langues des intervenants, langues du public et lieu : de quoi préparer l’équipe d’interprètes et le matériel de votre événement.